chiffrage
Combien vous coûtent vraiment les documents que vous réécrivez entre deux consultations ?
Le temps passé à réécrire une fiche sur la sécheresse vulvovaginale ne se voit nulle part dans vos comptes, et c’est bien le problème. Ce chiffrage ne vous donne pas un montant tout fait : il vous donne la grille et les unités pour poser vos propres chiffres, poste par poste, en une soirée.
Publié le Mis à jour le 11 minutes de lecture Par Jimenez Julien
Une fiche du Classeur, à lire avant votre prochaine demi journée de consultation.
La réponse arrive en deux temps. Le montant, personne ne peut vous le donner : il dépend de votre coût horaire, de votre volume et de votre façon de consulter. La méthode, en revanche, tient en une soirée et en cinq postes, dont deux ne figurent nulle part dans votre comptabilité et pèsent presque toujours le plus lourd.
Ces deux postes invisibles sont les heures de rédaction et les minutes de dépassement en consultation. Les trois autres, rendez vous non honorés, suivis abandonnés et dépenses matérielles, se relèvent plus facilement.
Voici comment les chiffrer avec vos propres données, dans l’ordre, en partant de la seule valeur qui rend tout le reste comparable : votre coût horaire.
D’abord établir votre coût horaire réel, pas votre honoraire
Le tarif d’un acte ne dit rien de ce que vous coûte une heure de votre temps. Tant que ce chiffre n’est pas posé, tout raisonnement sur le temps perdu reste une impression.
Le calcul en trois lignes
Prenez votre dernière déclaration de résultat et écrivez trois lignes sur une feuille.
- Vos recettes annuelles encaissées, telles qu’elles figurent sur votre déclaration.
- Vos charges de l’année : loyer ou redevance, assurances, matériel, comptabilité, plus vos cotisations sociales et de retraite appelées par l’Urssaf au titre du régime des praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés et par la Caisse autonome de retraite des chirurgiens-dentistes et des sages-femmes.
- Le nombre d’heures que vous consacrez réellement à votre activité, sur une année entière.
La différence entre la première et la deuxième ligne, divisée par la troisième, vous donne ce que vaut une heure de votre travail. C’est le seul chiffre dont vous avez besoin pour la suite.
Pourquoi les heures non facturables comptent dans le diviseur
La tentation est de ne compter que les heures de consultation. Ce serait plus flatteur et parfaitement faux.
Une sage-femme libérale qui reçoit vingt heures par semaine ne travaille pas vingt heures. Il y a les transmissions, les appels, les prises de rendez vous, la comptabilité du dimanche, la relecture d’un document sur les bouffées de chaleur à vingt deux heures.
Si ces heures ne sont pas dans le diviseur, votre coût horaire est surévalué, et vous conclurez que réécrire une fiche vous coûte cher parce que vous valorisez ce temps au tarif de la consultation. Le raisonnement honnête consiste à mettre toutes vos heures au dénominateur, puis à regarder combien d’entre elles ne produisent rien.
Poste un : les heures de rédaction et de réécriture
C’est le poste le plus sous estimé, parce qu’il se paie en fractions de soirées et jamais en blocs identifiables.
Chronométrer une semaine, pas un mois
Un relevé sur un mois ne tient jamais. Choisissez une semaine ordinaire, sans congé ni remplacement, et notez chaque fois que vous écrivez, cherchez ou réécrivez un document destiné à une patiente.
Notez tout, y compris les blocs de moins de dix minutes : la recherche de la bonne version dans vos dossiers, la retouche d’un paragraphe pour l’adapter à une patiente précise, la remise en page avant impression, les cinq minutes du dimanche soir pour corriger une phrase qui vous a fait tiquer en consultation.
Additionnez cette semaine, multipliez par quarante quatre semaines si vous exercez à ce rythme, et appliquez votre coût horaire. Le montant obtenu surprend presque toujours, non par le tarif horaire mais par le nombre d’heures.
Le coût caché de la version qui n’a pas de version
Un sous poste mérite sa propre ligne : les documents refaits parce que la version en cours était introuvable, ou parce que vous n’étiez plus certaine qu’elle soit à jour.
Refaire un document que l’on possède déjà est du temps intégralement perdu, et ce temps se répète tant que le classement ne change pas. Comptez le séparément pendant votre semaine de relevé : c’est le poste qui disparaît le plus vite, et il disparaît par la numérotation des versions, pas par la volonté.
La logique de datation et de versionnement est détaillée dans notre comparatif sur la façon de rédiger, reprendre ou personnaliser vos fiches patientes.
Poste deux : les minutes de dépassement en consultation
Voici le poste le plus lourd dans la plupart des cabinets, et le plus difficile à voir parce qu’il ne se manifeste jamais comme une perte.
Le quart d’heure qui décale toute la journée
Une première consultation de périménopause qui déborde de douze minutes ne coûte pas douze minutes. Elle décale la patiente suivante, raccourcit la troisième consultation, et vous fait terminer votre demi journée en retard sans avoir reçu personne de plus.
Prenez une demi journée type et notez, consultation par consultation, l’écart entre la durée prévue et la durée réelle. Additionnez ces écarts sur la demi journée entière, sans les moyenner.
Regardez ensuite d’où ils viennent. Dans les consultations de santé féminine, l’essentiel du dépassement se loge au début, dans la reconstitution de l’histoire : depuis quand, quels signes, quels traitements, quels antécédents.
Convertir un dépassement en créneaux perdus
Rapportez le total de vos écarts à la durée d’un créneau. Si vos consultations durent quarante cinq minutes et que vous accumulez quarante cinq minutes d’écart sur une demi journée, vous avez perdu un créneau, ce jour là.
Multipliez par le nombre de demi journées de santé féminine que vous tenez par semaine, puis par votre nombre de semaines travaillées. Vous obtenez un nombre de créneaux non ouverts sur l’année, que vous valorisez au tarif de la consultation concernée.
Ce poste ne se réduit pas en parlant plus vite. Il se réduit en récupérant l’histoire de la patiente avant qu’elle entre, ce que fait un questionnaire pré consultation que vos patientes remplissent vraiment.
Poste trois : les rendez vous non honorés et les suivis abandonnés
Deux pertes de nature différente se logent ici. La première est bruyante, la seconde silencieuse et souvent plus coûteuse.
Le créneau vide, coût direct
Un rendez vous non honoré et non remplacé est un créneau payé et non produit. Une fois votre coût horaire connu, ce calcul se fait de tête : durée du créneau multipliée par votre coût horaire, multipliée par le nombre de créneaux vides sur l’année.
Relevez ce nombre sur votre agenda des douze derniers mois, motif par motif. Un motif qui concentre les absences signale rarement des patientes négligentes : plus souvent un rendez vous pris trop loin dans le temps, ou une consultation dont la patiente n’a pas compris le contenu.
La patiente qui ne revient jamais au deuxième rendez vous
Une première consultation de sécheresse vulvovaginale ou de périnée demande du temps d’explication, de mise en confiance et de repérage. Ce temps n’est rentable que si le suivi a lieu.
Comptez, sur douze mois, les premières consultations qui n’ont jamais eu de suite. Multipliez par le tarif de la consultation de suivi qui n’a pas eu lieu : vous obtenez le manque à gagner, et vous perdez en plus le bénéfice clinique du travail engagé.
La cause tient rarement à la patiente. Une femme qui repart sans date, sans document écrit et sans rappel prévu ne revient pas, non par désintérêt mais parce que rien dans sa semaine ne le lui rappelle.
Poste quatre : les dépenses visibles, celles qui passent en comptabilité
Après trois postes de temps, celui ci se relève en quelques minutes. Il est déjà écrit quelque part.
Impressions, papeterie, matériel remis aux patientes
Rouvrez votre déclaration de résultat et vos justificatifs de l’année, et isolez ce qui se rattache directement à vos consultations de santé féminine : ramettes, cartouches ou contrat de copie, chemises et intercalaires, enveloppes, et le matériel que vous remettez ou prêtez à vos patientes.
Ces montants ne sont pas énormes, mais ils ont une vertu : ils sont exacts. Ils donnent une base solide à côté de vos estimations de temps.
Formation complémentaire et abonnements professionnels
Ajoutez vos formations complémentaires en santé féminine, frais de déplacement compris, et vos abonnements professionnels, logiciels et outils inclus.
Une remarque de méthode : une formation n’est pas une charge de ce poste si elle a transformé vos consultations. Elle le devient si vous n’en avez rien tiré d’applicable. Le point de fin d’année sur ces dépenses trouve naturellement sa place dans le calendrier des échéances qui rythment votre année.
La grille récapitulative et le seuil de décision
Les cinq postes se rassemblent dans un tableau qui tient sur une demi page, et qui vaut beaucoup plus que n’importe quelle moyenne de profession.
Un tableau à cinq lignes, rempli avec vos chiffres
| Poste | Ce que vous relevez | Comment vous le convertissez |
|---|---|---|
| Rédaction et réécriture | Une semaine chronométrée | Heures annuelles fois votre coût horaire |
| Documents refaits faute de version | Les mêmes sept jours, à part | Heures annuelles fois votre coût horaire |
| Dépassements de consultation | Une demi journée type | Créneaux perdus fois le tarif de l’acte |
| Rendez vous non honorés et suivis sans suite | Votre agenda sur douze mois | Créneaux vides et consultations de suivi manquantes |
| Dépenses matérielles et formation | Votre déclaration de résultat | Montant relevé tel quel |
Remplissez une colonne en heures et une colonne en euros, puis faites le total annuel. Écrivez la date du relevé en haut de la feuille, car ce chiffrage se refait utilement une fois par an.
Comparer à ce que coûte une solution outillée
La règle de décision est simple et ne réclame aucune conviction. Rapportez votre total annuel au coût annuel d’une solution qui vous fournit trames, questionnaires et fiches versionnées, puis regardez au bout de combien de semaines l’écart s’inverse.
Un seul avertissement de méthode : un outil ne supprime aucun des cinq postes, il les réduit. Il ne vous fera pas gagner la totalité de vos heures de rédaction, parce que la personnalisation, elle, reste votre travail et votre responsabilité.
Vous n’avez donc pas un montant, vous avez une grille. Cinq postes, une semaine de relevé, une demi journée chronométrée, un agenda et une déclaration de résultat : de quoi poser un chiffre défendable en une soirée, et le refaire l’an prochain pour mesurer ce qui a bougé.
Une fois ce chiffre écrit, la question devient concrète. Le classeur de consultation Maievia fournit les trames, les questionnaires envoyés par lien sécurisé et les fiches patientes datées, sourcées et versionnées, avec une synthèse prête avant l’entrée de la patiente. Pour comparer votre total annuel à ce que cela représente, demandez une démonstration ou un devis.
Jimenez Julien
Auteur et éditeur de MaieviaIl a passé plusieurs mois dans des cabinets de sages-femmes libérales, du Maine-et-Loire aux Hautes-Pyrénées, à observer comment se prépare une consultation de périménopause, de périnée ou de santé intime quand tout le contenu reste à écrire le dimanche soir. Il n’est pas soignant et n’écrit jamais à la place de la clinicienne : son travail consiste à mettre en documents datés, sourcés et versionnés ce que la sage-femme sait déjà, dans le cadre fixé par le Code de la santé publique.
Le parcours de Jimenez Julien et la méthode de fabrication des contenus Maievia
Autres fiches du Classeur
À lire aussi dans Le Classeur de consultation
Faut il rédiger vos fiches patientes, reprendre celles des sociétés savantes ou les personnaliser ?
Trois consœurs, trois solutions : l’une écrit tout elle même le dimanche, l’autre imprime les documents des sociétés savantes tels quels, la troisième part de trames existantes qu’elle réécrit avec ses mots.
Quelles échéances rythment l’année d’une sage-femme libérale qui développe la santé féminine ?
Une année d’exercice libéral n’est pas un long fleuve : appels de cotisations, déclaration de résultat, renouvellement d’assurance, obligation de développement professionnel continu, et par dessus les temps forts qui font venir vos patientes.
Vous recevez de plus en plus de demandes en périménopause et chaque première consultation commence par vingt minutes de reconstitution : depuis quand, quels signes, quels traitements, quels antécédents.


